Une nouvelle mode

This article is only available in French.

Par Marie Beauchesne, fondatrice d’Ypsylone

Ypsylone fête son premier anniversaire, à cette occasion je reviens sur les raisons qui m’ont poussée à créer une marque de mode féministe. Elles n’ont pas changé, je peux les exposer avec beaucoup de nuances, ou sans détour : nique le prêt-à-porter. Pourquoi ?

Parce que la mode est la 2ème industrie la plus polluante au monde,

Parce que la mode est championne de l’obsolescence programmée : la nouvelle tendance, la nouvelle collection démode la précédente.

Parce que la mode a un impact considérable sur l’image qu’elle renvoie des femmes : 92% des femmes ne se sentent pas belles et se comparent en permanence à des standards inatteignables (merci photoshop) ou à quel prix (troubles alimentaires)

Parce que les mannequins représent l’idéal féminin mais sont cantonnées à ce rôle de bel objet qui ne parle pas mais pose.

Parce que trop souvent les ouvrières (la majorité sont des femmes), ceux et celles qui confectionnent nos vêtements ne sont pas respecté·es.

Et trop souvent les consommateurs ne sont pas non plus respectés par des marges aberrantes.

Nique le prêt-à-porter

Alors pourquoi monter une marque, faire de la mode ? Parce que nous avons tous le choix entre la résignation et l’action. Faire partie de la solution, être critique et constructif est une option pour les ceux qui créent les marques et ceux qui les achètent.

On peut acheter moins, moins mais mieux, autrement, être plus exigeant, envers les marques et envers soi-même.

On peut exiger la transparence : sur les prix, la production – je consacrerai un prochain article intégralement à la démarche de production d’Ypsylone.

On peut acheter plus en vintage (-> La Petite Fripe Shoes), en seconde main, craquer sur des neufs chez des marques responsables et engagées (-> Ethipop, collectif de créateurs responsables dont je fais partie), louer plutôt qu’acheter (-> Hylla) renouer avec le sur-mesure (-> Albance). C’est valables pour les vêtements, les chaussures, les sacs et même les lunettes (-> Lunetist).

 

 

La perfection n’existe pas, c’est valable pour les consommateurs comme pour les marques. Etre ethique, écologique, féministe, soucieux de l’image, de l’environnement, accessible au plus grand nombre en termes de prix, en termes de taille, tendance. On ne peut pas tout faire mais on peut s’engager dans une démarche responsable et faire de son mieux. Tout comme l’acte de consommation 100% responsable n’existe probablement pas – pour certains ça reviendrait à ne pas consommer du tout.

On peut se faire plaisir, s’amuser avec la mode et utiliser son pouvoir de consommateur ou de créateur.

Pour ma part je me suis beaucoup amusée sur cette série anniversaire, shootée par Victor Cavasino, photographe et partner in crime depuis le début de l’aventure.