Nous sommes persuadés qu’en 2017, le féminisme ne doit plus être uniquement une affaire de femme mais l’engagement de tous. Nous avons créé ce sweatshirt Girl Power, une pièce unisexe, pour que chacun·e puisse afficher sa fierté, son soutien, son engagement. Ce n’est donc pas une égérie que nous vous présentons mais quatre : des hommes qui se sentent concernés, qui sont prêts à porter les valeurs du féminisme au quotidien, littéralement mais aussi à travers leur engagement, différent pour chacun d’entre eux.

Bolewa

Est-ce que tu te sens féministe ?

La cause des femmes est un de mes premiers engagements mais j’ai toujours eu du mal à me définir comme féministe. Le féminisme tel que je l’ai toujours perçu et celui que j’ai rencontré en premier a été excluant, et celui qui a la part de voix médiatique la plus large l’est encore, donc il y a une barrière psychologique à se dire féministe. Je comprends tout à fait ce besoin d’exclure les hommes de certains groupes de paroles. Dans la construction je pense que c’est nécessaire, c’est aux femmes de porter leur combat avant tout et se constituer en groupe solide, mais ensuite il faut passer à l’étape suivante et inclure les homes, construire une vision ensemble : égalité en droits et complémentarité des actes.

Le féminisme est la cause des femmes, mais les mécanismes de domination sont les mêmes pour toutes les classes dominées. Quand j’entends « j’en ai marre d’être femme », je fais le parallèle avec « j’en ai marre d’être noir » et c’est aussi ce parallèle qui m’a permis de comprendre.

Quelle(s) thématique(s) en particulier te touche ?

Le viol, plus particulièrement le viol comme crime de guerre me révolte. A chaque fois qu’on s’attaque au sexe d’une femme, on s’attaque à l’humanité. On passe tous par là pour naître : comment on peut oublier l’origine du monde ? Dans toutes les zones de guerre c’est ce qui se passe, dès qu’on est en zone de guerre la forme la plus bestiale de l’être humain s’attaque aux plus faibles physiquement. J’ai le projet de partir au Congo travailler avec les femmes victimes de violences sexuelles pour les aider à se reconstruire à travers la danse, après une reconstruction physique par la Fondation Panzi.

Pourquoi tu as accepté de participer au projet ?

Tout d’abord de part mon histoire personnelle : j’ai vécu un kidnapping étant enfant, mon père m’a enlevé à ma mère pour m’envoyer au Congo alors que ma mère n’avait que 20 ans et sortait déjà d’une histoire douloureuse, je pense que ça a conditionné le reste de sa vie. J’ai grandi sans mère et j’ai été sensibilité à la cause des femmes. Je sais que son état vient de l’arrachement qu’elle a pu vivre, je me sens redevable pour mon père, pour moi.

J’ai aussi grandi dans le milieu de la danse, avec que des femmes, ce sont elles qui m’ont sauvé alors que mon père me baladait au gré de ses conquêtes. Globalement, les femmes ont toujours été bienveillantes envers moi. Mes amies et mes copines, leurs mères m’ont hébergé, aidé, je dois beaucoup aux femmes. J’ai appris à être très proche des femmes grâce à la danse et grâce à ces expériences personnelles.

J’aime bien démonter les clichés, ça sera mon kiff du printemps de marcher dans un pull Girl Power. Tant que j’aurai l’impression que je casse les codes en portant un pull girl power, je me dis qu’on est encore dans le passé. Mais le futur se construit aujourd’hui, avec ce type de projets.

Qu’est-ce que tu peux dire aux mecs qui ont peur du féminisme ?

Si vous ne voulez pas vous dire féministe mais que vous êtes d’accord avec ces valeurs, dites que vous êtes pour la cause des femmes. On peut jouer sur les mots pour avancer. A partir du moment où on est d’accord sur ce constat de domination des femmes qui est historique et injuste, à partir du moment où on est d’accord qu’il faut changer des choses, on est d’accord sur le fond : qu’on soit puriste sur la question ou pas, peu importe. Tant qu’on restera bloqués là-dessus on avancera pas.

On a aussi besoin des femmes pour aller plus loin, en tant qu’humanité. Les hommes ont été aux manettes de la décision pendant des millénaires, j’ai envie de voir le potentiel des femmes aussi et leur marque dans l’histoire. La femmes est l’avenir de l’homme, le changement viendra des femmes, mais pas sans les hommes.

Anaël

Est-ce que tu te sens féministe ?

Tout dépend de ce qu’on entend par être féministe. Si être pour l’égalité homme-femmes c’est être féministe, dans ce cas oui. Je me sens plus « normal » que féministe dans le sens où je suis pas engagé ou activiste au quotidien. Mais je suis d’accord avec l’idée du féminisme que tu proposes, ça me semble normal justement.

Quelle(s) thématique(s) en particulier te touche ?

Les représentations du corps qui sont proposées dans la mode, les médias, la publicité, et ce que ça implique dans la vie de tous les jours. La réalité anatomique, et observable est souvent bien loin de l’idée qu’on se fait de l’image du corps et de ces standards. Il faut se sortir de la tête ces images commerciales irréalistes et complètement fantasmées. J’entends tellement de nanas qui se plaignent de leur corps, qui complexent, se sentent obligées de se conformer aux standards. Ça peut avoir des conséquences plus ou moins graves au quotidien, sur le plan psychologique, sur le comportement et sur la santé. Je suis dans le domaine de la santé depuis 5 ans, ça m’a forcément sensibilisé à ces questions. Il faut expliquer aux mecs : si tes standards, tes exigences c’est les mannequins Victoria’s Secret, bon courage parce que cette fille n’existe pas. Ou à quel prix …

Pourquoi tu as accepté de participer au projet ?

Pour que le message féministe soit efficace il faut que les hommes aussi se sentent concernés. Il faut changer les clichés du féminisme : des filles énervées contre tous les mecs, il y en a sûrement mais c’est dommage que ça soit l’image la plus populaire du féminisme. Je voulais soutenir le projet et montrer que c’est à la portée de tout le monde.

Qu’est-ce que tu peux dire aux mecs qui ont peur du féminisme ?

Je suis pas d’accord avec toutes les féministes, il y a des choses un peu extrêmes que je n’aime pas et qui me donnent pas envie de me dire féministe donc je comprends les mecs qui n’ont pas envie. Mais il n’y a pas que des féministes extrêmistes, et ce projet en est la preuve. Etre féministe, ça veut pas dire qu’on est obligé d’arrêter les blagues : on peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui, pas tout le temps et il faut être conscient des conséquences et de l’impact qu’elles peuvent avoir.

ALEXANDRE

Est-ce que tu te sens féministe? Si oui pourquoi?

Je suis féministe par évidence et par conviction. La cause des femmes n’est pas qu’une question féminine. C’est une question d’égalité.
Je crois que l’égalité ne se hiérarchise pas. Elle doit s’affirmer partout : raciale, sociale, sexuelle. En fait, je ne comprends même pas la base du sexisme. Les femmes sont 50% de la population et les mères des autres 50%. L’égalité est un impératif d’équilibre !

Il faut avoir terriblement peur des femmes pour vouloir les oppresser et les diminuer en permanence. Je ne veux pas vivre dans une société guidée par la peur mais dans une société forte de sa diversité où nous sommes fiers de ce que nous sommes : hommes, femmes, égaux.

Quelle thématique te touche plus particulièrement?

Le sexisme agressif est inacceptable. La réduction de la femme à une image sexuelle y contribue. Cette connerie doit donc cesser.
Mais j’essaye de faire attention au sexisme quotidien, que l’on ne devrait pas pouvoir appeler « ordinaire » : les réunions où les hommes monopolisent la parole, le fait que certaines femmes se sentent obligées de commencer par « je suis désolée », la sous-représentation des femmes dans les conférences ou les organes décisionnels : il n’y a que 155 femmes élues à l’Assemblée Nationale et seulement 92 Sénatrices ! Et je vous invite à regarder les plateaux de télé ou la programmation des conférences. J’y fais attention car la lutte contre ce sexisme permanent dépend de nous. Changer nos comportements est le début de l’égalité.

Pourquoi tu as accepté de participer au projet ?

Je suis féministe par conviction mais je ne suis pas militant. J’ai surement tort d’ailleurs ! Ce projet est pour moi une manière d’apporter un gravillon à l’édifice, de passer un peu du discours à l’action. Evidemment, il y a plus révolutionnaire que de poser en sweat shirt … Mais contrairement à ce que beaucoup d’hommes pensent à tort, le féminisme n’est pas nécessairement un mouvement hargneux contre eux. Il y a aussi une manière douce de faire progresser le féminisme, en y impliquant aussi les hommes. Je pense que ce projet y participe.

Qu’est-ce que tu pourrais dire aux mecs qui ont peur de se dire féministe?

D’arrêter d’être cons !
Le féminisme n’est pas le combat des femmes contre les hommes, c’est un élan commun pour l’égalité. Je crois que tous les mecs ont une femme dans leur vie : une mère, une sœur, une femme qu’ils aiment. Aucun d’entre eux n’aimerait que les femmes de leur vie ne soient pas respectées. Être féministe, c’est respecter toutes ces femmes.

LOUIS

Est-ce que tu te sens féministe ?

Mon féminisme est une démarche personnelle motivée par 2 principes : 
Tout d’abord les inégalités de genre économiques ou comportementales ne peuvent pas être acceptées. Ensuite nous devons prévenir l’intrusion des hommes sur des sujets qui relèvent de la liberté des femmes de disposer de leur corps. les femmes doivent pouvoir être les seules décideurs de leurs mœurs, à la contraception et à la gestation par exemple. nous devons garantir et respecter ces choix. L’engagement pour l’affirmation de ces principes commence par l’indignation personnelle, puis par la prise de parole publique et enfin l’organisation associative ou politique. Ce projet me permet de passer d’un statut d’indigné silencieux à une prise de parole sur l’espace publique qui reste individuelle.

Quelle(s) thématique(s) en particulier te touche ?

Toutes les injustices sont insupportables, les plus manifestes sont certainement les remarques nauséabondes d’un quotidien sexiste : harcèlement de rue, allusion sexuelle, parole machiste au travail. Amateur de  boxe française, où il y a une forte proportion de licenciées femme, je pense que l’apprentissage des sport de combat ou de technique d’auto-défense permet d’apporter de l’assurance et le courage de réagir face à des propos inacceptables. Ce qui me tient a coeur c’est que les hommes interviennent lorsqu’ils sont témoin de machisme ou mysogynisme ordinaire.

Pourquoi tu as accepté de participer au projet ?

Je n’aurais pas accepté de prêter mon image pour une marque sans identité car c est un effort de se mettre en scène et poser pour des vêtement peut sembler très superficiel. j’ai choisi ce participer ce projet car il défend des idées auxquelles je crois et dont les hommes doivent être le relais. l’implication d’hommes permettra peut être de crédibiliser la démarche de l égalité des genres et rendre la légitimité et le pouvoir aux femmes de décider pour elles-mêmes

Qu’est-ce que tu peux dire aux mecs qui ont peur du féminisme ?

Pensez aux cas concrets d’injustices que peuvent subir vos femmes bien aimées dans la rue, au travail, en société : votre mère, votre soeur ou votre fille. ne seriez vous pas indignés ?