Une histoire d’équilibre

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Entreprendre, enseigner, danser, concilier vie personnelle et professionnelle épanouissantes, c’est une question d’équilibre. C’est l’histoire d’Alessandra, italienne de 27 ans, slasheuse hors norme aux mille et une vies.

Marie : Tu as commencé à entreprendre dès la fin des études, il y 3 ans. Depuis tu as une entreprise, un travail d’enseignante, une compagnie de danse semi-pro, une vie personnelle toujours très remplie et tu n’as pas du tout l’air au bord de la crise de nerfs. C’est hyper impressionnant, tu fais comment ?

Alessandra : Pour moi c’est fondamental d’avoir plusieurs choses qui nourrissent ma vie. J’aime bien être dans l’apprentissage permanent, je ne peux pas m’imaginer être dans le même bureau tous les jours, bosser pour le même projet, le même collègue. J’ai compris avec le temps que c’est ça qui me correspondait et maintenant lancer de nouveaux projets me fait beaucoup moins peur. C’est vrai que j’ai parfois l’impression que ma journée dure 48h, c’est là où faut se mettre une barrière, savoir à quel moment s’arrêter de travailler. Les 2 sphères sont très floues mais c’est le prix de la liberté donc ça ne me pèse pas du tout. Quand je suis à l’autre bout du monde et que je dois prendre 2h pour checker mes mails aucun problème ! Mais c’est aussi grâce à la technologie que je peux avoir ce genre de fonctionnement.

Marie : C’est-à-dire? C’est une question de génération ?

Alessandra : Pas uniquement, un ingénieur du bâtiment par télétravail ça ne fonctionne pas, mais moi il me suffit d’un smartphone et d’un ordinateur. Mais dans l’ensemble ma génération a beaucoup de chance, on nous a éduqués pour penser que tout est possible et qu’on pourrai tout avoir si on s’en donne les moyens. Ça peut avoir des inconvénients parce que ça peut générer un sentiment d’insatisfaction mais aussi une force créatrice qui génère beaucoup d’innovations, dans tous les domaines. Je pense qu’on va aller vers un capitalisme un peu plus éclairé, avec des limites au libéralisme absolu, qui met davantage l’accent sur ce besoin d’équilibre et d’accomplissement personnel justement.

Marie : Est-ce que ça demande des sacrifices d’être sur tous les fronts et assurer dans tous les domaines ?

Alessandra : Des sacrifices non pas vraiment mais parfois des frustrations. Ça peut paraître paradoxal mais parfois je ne me trouve pas assez ambitieuse. Dans l’ensemble bien sûr je fais beaucoup de choses mais peut-être que si je me concentrais sur un seul projet je pourrais l’amener plus loin. Et ce n’est pas non plus évident d’avoir peu de points de comparaison : personne ne voit la globalité de ce que je fais, pour le feedback c’est complexe. Dans ces moments là je suis toute seule. Il faut savoir se remettre en question, tout en étant sûre de soi. C’est un jonglage permanent en fait.

Marie : C’est quoi pour toi l’équilibre ?

Alessandra : On est tous des humains, tous les projets se font avec les gens. Pour moi l’équilibre c’est avant tout une situation amoureuse épanouie, un compagnon de vie, c’est ma famille, c’est mes amis. Je suis d’abord quelqu’un à travers les gens que j’aime et qui m’aiment. Ensuite c’est la sphère professionnelle : une carrière c’est important mais il faut toujours apprendre : à coder, le design, le chinois, peu importe. On peut continuer à se former toute la vie. Etre curieux c’est vital. Après, la sphère artistique et sportive est aussi très importante. Il ne faut jamais oublier son corps. C’est hype en ce moment de parler de ça mais c’est pas une mode. Et enfin prendre le temps de voyager.

Marie : Un conseil pour les filles comme moi qui ont plus de mal avec l’équilibre ?  

Alessandra : Tout se met en place petit à petit, quand tu te sens à l’aise dans un domaine, tu te sens à l’aise pour explorer et tout évolue dans le bon sens. Il faut savoir écouter les opportunités et ne pas s’enfermer dans un seul domaine.  Les choses se mettent en place petit à petit, quand on se réserve du temps pour explorer dans les domaines qui nous tiennent à coeur.

Marie : Dernière question : pourquoi tu as accepté de participer au projet Ypsylone ?

Alessandra : Parce que je trouve ça intéressant d’attacher une personnalité à des vêtements. C’est peut-être ce qui me manque pour m’intéresser à la mode. Depuis un certain temps je préfère dépenser de l’argent sur des expériences que sur des choses. Je n’achète que si c’est un coup de cœur. Mais c’est quand même essentiel, la première impression est importante. 80% de la communication est non-verbale après tout.

Merci mille fois à Alessandra pour cette dose d’ambition et d’inspiration.

Esprit girl power aquatique : la mer, les couleurs vives, la joie de vivre et la liberté de faire ce qu’on veut avec des étoiles plein les yeux. La « Feminist mermaid » (la petite sirène féministe) évolue avec grâce dans un univers de corail et d’eau turquoise.

La collection est inspirée et portée par Alessandra elle-même.